Et si le bonheur, c’était de lever le pied ?

Le luxe ultime.


Prendre son temps.


Ignorer les notifications incessantes du portable. Nier le cliquetis ininterrompu des aiguilles de l’horloge.

Cela fait rêver, non ?


Nous sommes devenus hyper occupés ; toujours à courir. Notre société est celle de l’hyper consommation, de la gratification immédiate, de la livraison le jour d’après, si ce n’est le jour même. De la glorification de la suroccupation.

Si vous en voulez un bel exemple, je vous offre mon cas. Un boulot. Une activité complémentaire. 3 enfants. 3 comptes Facebook. 2 comptes Instagram. 4 adresses mail.

Un burn out intégral.


Aujourd’hui je redécouvre des plaisirs simples mais oh combien agréables et indispensables et je ne peux que vous encourager à faire de même et profiter de la vie. Voici quelques petits exemples, à vous de découvrir ceux qui vous font vibrer…


Savourer son café matinal

Personnellement, ce serait plutôt un thé ou une tisane. Attendre qu’elle infuse. La boire trop chaude, à toute petite gorgée, pour faire durer le plaisir. Observer les volutes de vapeur.

Et ne rien faire d’autre pendant ce moment-là.

Quitte à se lever 5 minutes plus tôt pour en profiter dans le calme.

Ou se caler le soir, dans son canapé, quand la maisonnée s’apaise enfin.

À la bouilloire, pas au micro-onde. Parce que c’est plus sain, mais aussi plus lent et plus « vrai ».

Sur le balcon si le temps le permet. Lové parmi les oreillers s’il fait trop frisquet ou mouillé.

Ce sont ces petits moments-là qui apportent tant de saveurs à notre quotidien…


Profiter de la table

C’est parfois un fameux combat le soir avec les fées qui n’attendent qu’une chose : de quitter la table pour courir jouer encore un peu.

Mais quand on peut, quel plaisir que de rester ensemble, papoter, discuter de nos journées respectives où l’on s’est finalement tellement peu vus.

10 minutes. À se reconnecter entre nous. Échanger sur les petits et grands évènements de la journée. Rire ensemble.

La vaisselle et les bains peuvent attendre.


Slow Food

Restons dans le sujet. L’époque est plutôt celle de l’avènement de la fast food. Mais quel plaisir de déguster des plats mijotés, doucement, pendant des heures. Les soupes, comme les faisaient nos grand-mères. Les carbonades du dimanche. Pour l’instant je me contente de ma mijoteuse électrique, mais je ne désespère pas de trouver, lorsque les brocantes reprendront un grand faitout en fonte afin de laisser mijoter mes sauces et potages sur le poêle lors des prochaines longues journées d’hiver.

Il y a quelque chose de magique, de plus goutu dans ces plats préparés à l’ancienne que le temps leur confère.


Les chemins de traverse

Ce matin, alors que j’écris cet article mardi 18 mai, mon mari et moi avons été ensemble déposer les fées à l’école. Plutôt que de prendre le chemin de retour habituel et le plus direct pour rentrer, nous avons fait le tour du village. Cela fait plus de six ans maintenant que nous habitons ici et j’ai un peu honte d’avouer que je m’y perds encore. J’ai mordu ma langue avant de lui demander pourquoi il se trompait de chemin / perdait du temps/…

Nous avons du prendre 3 minutes de plus que par le chemin habituel mais nous sommes passés par le petit pont qui enjambe le chemin de fer, passés sous les arbres, j’ai pu observer les jolies maisons villageoises que j’ai rarement le temps de regarder, admirer la ferme qui me plait d’un autre angle de vue…

Tous les chemins mènent à Rome. Ce petit détour ne fut pas perdu : quelques minutes de moins dans ma journée ne l’ont pas ruinée, que du contraire. Cela peut au contraire être vu comme une mini aventure. Juste pour le plaisir des yeux…


Ralentissons. Profitons plus de la vie.

Nous pouvons ralentir notre vie effrénée et malgré tout, encore en faire des tonnes. On peut être occupés et efficaces, tout en se donnant le temps de se détendre et de savourer de petits plaisirs.


Essayer de ralentir, prenez un de ces exemples ou trouvez les vôtres. Ils deviendront probablement rapidement une partie normale de votre vie, que vous attendrez avec impatience et bonheur.


En 1964 les Beatles chantaient “Slow down, baby, now you're moving way too fast” (ralentis, bébé, tu vas bien trop vite) et ils avaient déjà raison !

J’avais envie de continuer avec vous la liste d’exemples sur d’autres façons de savourer notre vie en prenant notre temps.


Notre société actuelle a tendance à valoriser l’occupation, voire la suroccupation de notre temps. Il faut faire beaucoup et le faire vite, toujours plus vite. Au détriment de notre planète, notre santé, notre bien-être physique et mental, nos relations.


Et puisque j’ai commencé cette chronique avec une référence musicale, je continue sur ma lancée en citant Renaud, en vous suggérant de vous « asseoir sur un banc, cinq minutes (avec toi) et regarder la vie/les gens … parler du bon temps qui est mort mais qui reviendra (comme cette semaine) en serrant dans ma main tes petits doigts… » Vous connaissez la suite. Seul ou ensemble. Prendre l’air. Prendre le temps de regarder les gens, la vie, la ville, la campagne. Rien de plus. Rien de moins.


Ce que ni les Beatles ni même Renaud n’avaient à combattre était la technologie omniprésente que nous subissons. Cinq minutes sur un banc à attendre ? Combien ne vont pas dégainer tout de suite leur portable ? Vérifier Facebook ou Instagram (coupable je suis) ? TikTok pour les plus jeunes (ah non, déjà trop vieille) ? Ses mails pro pour les plus acharnés, même le week-end (un burn out ne m’a pas suffi) ? Un jeu peut-être ? Ou une app de rencontre ? Laissons un maximum l’appareil rangé…


Et si vraiment l’attente est longue, alors reprenons plaisir à la lecture. Je passe un temps fou dans les salles d’attente d’hôpitaux ces derniers temps et j’ai repris l’habitude d’emporter un livre. Je suis trop fatiguée le soir que pour me concentrer et lire, du coup j’arrive à me caser ces moments lecture en journée et quel bonheur !


Ces moments ne devraient pas être les seuls. Nous devrions pouvoir ajouter à nos emplois du temps des moments de vide ! Des espaces blancs. Alléger notre emploi du temps quand c’est possible. Chercher des astuces pour se libérer du temps au quotidien (je pense à nouveau au meal planning, ou au batch cooking, faire ses courses en click & collect ou paniers de fruits et légumes auprès de groupements locaux, plutôt que déambuler dans les rayons plusieurs fois par semaine, planifier les commissions et autres courses – poste, banque…- ensemble pour limiter les trajets superflus). Comment respirer si notre emploi du temps est réglé comme du papier à musique ou s’il nous manque plusieurs heures par jour pour faire ce que nous pensons devoir faire ? Cela n’est simplement pas tenable. Ni physiquement. Ni mentalement.


Alors dites non. Non à ce qui ne vous convient pas. Ou ne vous convient plus. A ce qui amène plus de stress que de bien dans votre vie. Dire non peut être très difficile. Surtout quand on aime faire plaisir, quand on a peur de décevoir les autres. Mais apprendre à dire non, c’est surtout apprendre à se dire oui, à soi. A mettre des limites saines pour notre bien-être. Et c’est indispensable pour ralentir et vous permettre de vous recentrer sur ce qui est important, pour vous et en accord avec vos priorités.


Au début c’est compliqué. On résiste. Que dira-t-on de nous ? Mais qu’est ce qui est le plus important ? Notre bien-être ? Notre bonheur ? L’image que l’on donne à nos enfants de ce à quoi ils ont droit ? Ou bien ce que pense peut-être « les gens » ? Dites non. Dites vous oui.

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