Le Jour du Dépassement

On peut reprocher un tas de choses à cette période que nous venons de traverser : la gestion, le stress, la récession, l’isolation, … La liste est longue. Et justifiée. Et les conséquences se feront ressentir encore longtemps. Mais je pense qu’il est extrêmement important de faire l’effort de reconnaitre la beauté et d’en ressentir de la gratitude. Alors chaque petite chose, chaque petite beauté doit être remarquée et remerciée.

L’un des effets positifs du confinement et de ce que nous venons de vivre (oui, malgré tout ce qu’on peut reprocher à cette période – et ma liste perso de griefs est tout aussi longue que les vôtres) a été entre-autre de limiter un peu la casse au niveau du jour du dépassement de la Terre – 3 semaines plus tard qu’en 2019.


Le jour du dépassement est le jour calculé en comparant ce que l’humanité dépense en ressources écologiques et ce que la capacité de régénération de la Terre au cours de l’année. Donc, entre le 1er janvier et le 22 août de cette année, l’humanité a utilisé une quantité équivalente à ce que la planète peut régénérer sur l’année entière. Le monde a tourné quelques mois au ralenti (mais on est reparti à la hausse pour « rattraper »). Nous avons mis notre frénésie d’achat en suspend et la Terre a respiré.

Depuis les années 70, la consommation humaine a explosé. Avant cela, nous consommions moins que ce que la Terre pouvait nous offrir. Le jour du dépassement théorique en 1970 était au 29 décembre. Depuis, il n’a cessé d’avancer ou plutôt correctement de reculer de manière assez constante et consternante.

Le calcul du jour du dépassement (over shooting Day en anglais) est recalculé tous les ans, sur base de données de nombreux facteurs dans 200 pays, il prend en compte ce que nous consommons (arbres, gibier, poissons, terres cultivables…) mais aussi nos émissions de gaz à effet de serre par la combustion d’énergies fossiles en comparaison avec ce que nos océans et nos forêts peuvent absorber.

J’entends souvent – et parfois dans mes moments de désespoir je me le répète- que les actions individuelles sont insuffisantes.

Oui ; c’est vrai.

Que je récupère de vieux t-shirts troués pour faire mes poussières, que j’utilise du vinaigre à la place d’adoucissant… cela ne va pas changer ni sauver le monde.

Pourtant, comme je le vois souvent dans les pages écolo en ligne, « il n’y a pas de petits gestes si nous sommes 7 milliards à les faire ».

Si chacun de nous fait, ne fut-ce qu’un petit geste, nous envoyons également un message fort aux industriels et grosses corporations polluants : Que nous voulons que les choses changent. Que nous avons pris conscience que notre façon de consommer n’est pas tenable.

Alors bien sûr, beaucoup d’entre eux surfent la vague et foncent (et forcent) sur le greenwashing. Mais ça bouge déjà. Plus nous agirons à notre petit niveau, plus nous les ferons fléchir.

Jusqu’à ce que les actions individuelles soient suffisantes parce qu’elles obligeront les grands consortiums à modifier leur modèle de production.

Les gros groupes sont derrière les lobbys et donc influencent grandement nos politiques, peu importe la partie du monde où nous nous trouvons.

Quand vous vous promenez sur une plage de galets, avez-vous déjà remarqué comme la plupart d’entre eux sont doux, polis ? Ce n’est pas une grande tempête que les a façonnés, mais l’action répétitive des petites vagues qui les font rouler, petit à petit, encore et encore. Nos gestes à nous, ces petites alternatives que nous mettons en place, ces petits changements que nous installons dans nos quotidiens, sont ces vagues. Douces, discrètes, qui semblent inutiles, futiles. Mais qui à force de répétition changent le monde, comme les galets de ces plages.

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